L’appartement d’Emna exhale l’encens et la chaleur résiduelle d’août. Robes de soie bordeaux glissent sur nos peaux nues. Pas de culotte, pas de soutif. La soie frôle mes lèvres encore gonflées, mes tétons durcissent au contact frais. Emna verse du vin, ses seins poire dansent sous le tissu fin. On commande thaï, on s’assoit sur le canapé, cuisses collées. Son souffle mentholé effleure mon cou. Je décide là : ce soir, je suis Anonyme. Pas de Yuan, pas de boulot, pas de passé. Juste l’instant, le sexe brut. ‘Appelle-moi Anonyme’, je murmure. Elle hausse un sourcil, sourit. ‘Parfait. Moi, Emna. Ici, on oublie tout.’ On rit, on picore les nems chauds. Ses doigts effleurent ma cuisse, remontent. Je sens ma mouille perler déjà. On parle confidences : ses nuits avec des filles, bites tunisiennes, anus explorés. Son rire craquant, dents blanches. Ma main sur son genou, je pince la peau mate. Chaleur monte. Elle avoue : ‘J’ai mouillé toute la journée en te formant.’ Je rougis, mais bande mon clito. L’ombre des rideaux rouges avale nos mots. Vin aidant, je la plaque contre les coussins. ‘Anonyme veut te bouffer.’
Ses lèvres s’entrouvrent, souffle court. Je soulève sa robe, pubis rasé luit. Odeur musquée, intime. Ma langue lapper ses lèvres gonflées, sel et miel. Elle gémit, ‘Putain, Anonyme, suce-moi fort.’ Hanches bucklent, jus coule sur mon menton. Bruits de succion, claquements humides. Ses mains agrippent mes cheveux, tirent. Je glisse un doigt dedans, puis deux. Chaud, serré, contractions. ‘Baise-moi, salope anonyme !’ Je pompe, langue sur son bouton dur. Elle hurle, corps arc-bouté, gicle un peu sur ma bouche. Tremblements. À mon tour. Elle me renverse, écarte mes cuisses. ‘Ton minou dégouline, chienne.’ Doigts en moi, crochète mon point G. Souffle rauque, sueur perle sur nos peaux. Elle suce mes petits seins, mordille tétons. ‘T’es bonne, Anonyme.’ Je jouis vite, spasmes violents, cris étouffés. On se frotte, cunts contre cunts. Chaleur brûlante, jus mêlés, glissements visqueux. ‘Plus fort, Emna, écrase-moi !’ Va-et-vient sauvages, clitos qui claquent. Odeurs de sexe emplissent la pièce. On change : elle sur moi, 69. Son trou du cul à lécher, goût âcre. Doigt dedans, elle pousse. ‘Oui, là, défonce-moi l’anus !’ On explose ensemble, hurlements, corps secoués. Épuisées, collées, sueur froide.
Dans l’ombre de l’appartement
Aube pointe, lumière rougeoyante. Emna dort, bouche ouverte. Je me lève nue, ramasse mes fringues. Pas de mot, pas de numéro. String mouillé dans la poche. J’enfile tout vite, cœur battant. Porte claque doucement. Rue déserte, Paris endormi. Je suis redevenue l’inconnue. Emna se souviendra d’une ombre, d’un corps vorace. Pas de traces, juste le souvenir de ma langue, de mes cris. Ville m’avale, anonyme totale. Prochain partenaire attendra dans l’ombre.