Le train s’ébranle. J’ai sauté dedans in extremis, essoufflée, cheveux mouillés par la pluie fine. Sac de voyage calé, je balaie le wagon du regard. Là, un carré vide face à lui. Beau, la quarantaine, tablette en main, écouteurs aux oreilles. Parisien rentrant au Havre, j’en suis sûre. Mon cœur cogne. Décision prise : ce soir, je suis Anonyme. Pas de passé, pas de nom vrai. Juste l’instant, le sexe brut. Je m’assois en face, imperméable blanc gouttant, jupe crème collant aux cuisses. Je sors mon miroir, recoiffe mes mèches blond vénitien. Il mate. Discrètement. Parfait.
Je bosse sur mon MacBook, lunettes fines sur le nez. Chargeur oublié. J’approche : ‘Excusez-moi, un chargeur iPad ?’ Son parfum à lui, musqué, m’envahit. Il fouille, bafouille, me tend le câble. Champagne d’YSL sur ma peau, je sais que ça l’achève. On papote. Je lâche un nom bidon sur la carte : Madeleine Durand-Froissard. DRH bidon à Rouen. Divorce inventé, fille imaginaire. Lui, Fred, geek célibataire. Le courant passe. Rouen approche. ‘Un verre au Havre ce soir ? Club des Régates ?’ Il saute sur l’occasion. Numéro échangé. Je descends, valise en main, sourire timide. Dans l’ombre, je jubile. Il est à moi.
L’Approche dans l’Ombre du Train
18h45, Régates. Pluie battante. Taxi. Parapluie partagé, mon corps frôlant le sien. Restaurant en haut : poissons, fruits de mer. J’ordonne : Villeneuve 1959, sole, plateau. J’paye, Amex noire. Vin corsé, regard vert sombre planté dans le sien. Vent du large après. Taxi. ‘101 avenue Foch.’ Chez lui. Chaleur étouffante dans l’appart. Canapé. SMS envoyés – alibi pour la nuit. Je tends la main, saisis sa ceinture. Déboucle. Pantalon tombe. Fesses fermes sous mes paumes. Caleçon tendu. Je lèche à travers le tissu. Goût salé. Je baisse, avale son sexe dur, veines gonflées. Gorge profonde, langue tournoyant sur le gland. Il gémit, souffle court. ‘Putain, t’es une salope divine.’ Je souris, aspire plus fort. Boules malaxées, sperme précoce au coin des lèvres.
L’Explosion Sauvage au Havre
Je me lève, l’embrasse. Langues voraces. Il m’arrache pull, chemisier. Seins lourds libérés, tétons durs. Nue, odeur vanille de ma peau moite. À genoux, il plonge entre mes cuisses. Toison blonde trempée. Langue sur ma fente, clito gonflé. Je gémis : ‘Lèche plus fort, bouffe-moi !’ Orgasme violent, jus sur son visage. Je le gobe encore, gorge en feu. À quatre pattes sur le canapé. Croupe offerte. Il tease, gland frottant mes lèvres intimes. ‘Enfonce-toi, baise-moi !’ J’empale. Fourreau chaud, serré. Cheveux défaits, tirés en arrière. Va-et-vient lents puis furieux. Doigts sur clito. ‘Oui, comme ça, défonce-moi !’ Deuxième explosion, spasmes, cris rauques. Il accélère, pinces mes seins suants. Éjac en moi, jets chauds, abondants. On s’effondre, sexes dégoulinants unis.
Chambre. Embrassades. Sommeil lourd. Matin. Lui endormi. Café prêt, mais non. Je décide : fini. Pas de trois jours. Anonyme repart. Culotte enfilée, chemise volée sur son corps. Lunettes posées. Je griffonne rien. Sac refermé silencieusement. Regard final sur son sommeil paisible. Porte claquée doucement. Taxi. Gare. Train pour Rouen. Havre derrière, lui aussi. Étrangère totale. Plaisir pur : juste l’instant, sexe brut. Personne ne saura mon vrai nom. Jamais.