Je suis étendue en travers des draps, dans ce T-shirt trop grand qui sent son odeur. L’appartement baigne dans l’or pâle de l’aube. J’entends la porte s’ouvrir doucement. Des pas feutrés. Il est là, revenu du train de nuit, violon sur l’épaule. Je sais qui c’est. Le musicien. Mais pour lui, ce matin, je suis Anonyme. Pas de nom. Pas de passé. Juste mon corps chaud sous les couvertures. Je décide : l’ombre totale. Je ferme les yeux plus fort, feins le sommeil profond. Mon cœur bat vite. La porte de la chambre grince à peine. Il s’immobilise. Je sens son regard me dévorer. Sa fatigue fond comme neige au soleil. Il pose le plateau. L’arôme du café chaud envahit la pièce. Croissants brûlants. Chèvrefeuille pressé. Il veut me surprendre. Mais je le surprendrai moi. Silencieuse. Inconnue.
Il se glisse entre les draps. Le matelas s’affaisse sous son poids. Sa peau fraîche du dehors heurte la mienne, brûlante de nuit. Je roule contre lui, instinctive. Confiante. Mon nez s’enfouit dans son cou. J’hume. Sueur de voyage. Notes de violon. Bois ciré. Il se raidit d’abord. Surprise. Puis ses bras se referment. Forts. Possessifs. Je ne dis rien. Pas un mot. Mes yeux papillonnent. Rencontrent les siens. Éclat de joie. Il me caresse. Explore. Se demande si je suis réelle. Ses lèvres cherchent les miennes. Baiser vorace. Langue qui fouille. Je réponds, muette. Corps seulement. Mes mains glissent sous son torse nu. Muscles tendus par la route. Je griffe légèrement. Il grogne. Bas. “Putain, t’es là…” Je ne réponds pas. Juste un souffle chaud contre sa peau.
L’Approche Silencieuse dans la Chambre
Ça explose d’un coup. Sauvage. Sans retenue. Il me retourne sur le dos. Draps emmêlés. Son corps pèse sur le mien. Chaud. Lourd. Sa queue dure contre ma cuisse. Je l’ouvre les jambes. Large. Invitante. Pas de mots doux. Direct. Il plonge en moi. Sec. Profond. Un cri m’échappe. Étouffé. Ma chatte serrée l’aspire. Mouillée déjà. Il halète. “T’es tellement bonne… Bordel.” Je cambre. Ongles dans son dos. Traces rouges. Il accélère. Coups de reins brutaux. Lit qui grince. Rythme de violon en furie. Sueur coule entre nos peaux. Glissante. Ma poitrine rebondit à chaque choc. Ses mains malaxent mes seins. Pincent les tétons. Douleur-plaisir. Je gémis. “Plus fort… Baise-moi.” Voix rauque. Anonyme. Il obéit. Sauvage. Son souffle court dans mon oreille. “T’aimes ça, salope ?” Oui. Je hoche. Mord son épaule. Goût sel. Il me retourne à quatre pattes. Fesse claqué. Rougeur immédiate. Re-plonge. Plus profond. Boule dans le ventre. Orgasme monte. Vague. Ses couilles claquent contre moi. Bruits humides. Sucrés. Je jouis la première. Cri primal. Corps qui tremble. Il suit. Jets chauds en moi. Grognements. Effondrement.
On halète. Collés. Sueur froide maintenant. Il embrasse mon cou. Murmure des mots tendres. Je me dégage doucement. Sans un regard. Pieds au sol. T-shirt relevé. Chatte qui coule encore. Je ramasse mes fringues éparpillées. Culotte noire. Jean slim. Pull. Silencieuse. Il somnole déjà. Repu. Je jette un œil au plateau intact. Café froid. Croissants tièdes. Je souris intérieurement. Pas pour lui. Pour moi. L’instant vécu. Brut. Je sors de la chambre. À pas de loup. Sac à l’épaule. Porte d’entrée. Clé ? Non. Elle claque pas. Juste un déclic. Dehors, l’aube grise. Rues vides. Je marche vite. Air frais fouette ma peau moite. Odeur de pain cuit. Personne. Je disparais. Redevins l’inconnue de la ville. Pas de traces. Pas de futur. Juste ce sexe gravé en moi. Son violon attendra ailleurs.