Chez Mylène, à Boulogne-Billancourt. Salon de coiffure improvisé. Je pleure encore pour Pierre. La lettre du tribunal brûle sur la table basse. Elle m’installe face au miroir. Ses mains dans mes cheveux longs, noirs. Brosse douce. Peigne fin. Ciseaux qui claquent. Boucles brunes tombent. Nuque dégagée. Frissons. Je ferme les yeux. Musique jazz en fond. Corps qui se détend. Massages au crâne. Doigts chauds sur la peau. Crème hydratante. Nuque nue. Oreilles. Mâchoires. Souffle court. Son nez contre le mien. Baisers humides sur le front. Langue qui glisse. Je décide là : pas de nom, pas d’histoire. Juste l’instant. Anonyme totale. Pour elle, je suis l’inconnue en feu. Chemisier déboutonné. Seins gonflés. Sa bouche aspire ma lèvre. Langue fouille. Cyprine coule déjà. Je halète. ‘Continue, salope’, murmure-t-elle. Non, c’est moi qui lâche ça ? Désir brut. Elle pince mes tétons. Électrique.
Dans sa chambre immense. Stores baissés. Lumière tamisée. Elle me déshabille. Pantalon aux chevilles. Slip trempé. À genoux, langue sur la tache. Gros coups voraces. Tissu écarté. Elle lape mon trou. Bruyante. Slurp, slurp. Bouche pleine de jus. ‘T’es bonne, ma chienne anonyme. Goûte-toi.’ Elle remonte, langue dans ma bouche. Mon goût salé, fort. Cuisses écartées. Sa jambe contre ma chatte. Frotte fort. Peau brûlante. Seins contre seins. Tétons durs qui raclent. Je suce ses aréoles brunes. Gros nibards lourds. Elle grogne. ‘Suce plus fort, pute.’ Je mords. Elle plonge trois doigts dans ma fente. Mouille partout. Lit qui grince. Hanches claquent. ‘Baise-moi la langue !’ Je la chevauche. Vulve sur sa bouche. Elle boit tout. Clito pincé. Orgasme monte. Jambes tremblent. Souffle rauque. Cris étouffés. Vague chaude. Je gicle sur son visage. Elle avale. Rire sale. ‘T’en veux encore, anonyme ?’ Oui. Je la retourne. Toison noire, humide. Langue dedans. Elle hurle. ‘Plus profond, salope !’ Doigts dans son cul. Elle jouit en spasmes. Corps en sueur. Odeurs de sexe. Peau collante. Cœurs qui cognent.
Du chagrin à la tentation anonyme
Heures plus tard. Nue sous les draps. Cheveux courts. Nouvelle moi. Anonyme pure. Elle dort. Je me lève sans bruit. Slip mouillé en boule. Vêtements ramassés. Pas un mot. Porte refermée doucement. Escalier en silence. Maison moderne, patio clair. Dehors, quartier bourgeois. Je marche vite. Ballerines claquent sur trottoir. Tête basse, nouvelle coupe. Personne ne me reconnaît. Plus de Virginie. Juste l’inconnue rassasiée. Pierre oublié. Mylène ? Un flash charnel. Rien de plus. Ville qui avale. Métro. Retour à l’ombre. Prête pour la prochaine. Sans traces. Sans nom.