Le givre rampe sur mes vitres. Il trace des arabesques fragiles. Cheveux blancs, longs, fous. Autour de deux pâles visages. Yeux brillants comme diamants. Fronts se touchent. Nez aussi. Lèvres figées crachent des volutes d’amour. Elles s’enlacent, tissent des liens. Ciel gonflé de neige au-dessus. Branche ombrée, fil d’oiseaux chanteurs. Ovale transparent attend le décor froid. Immobile, je scrute les cristaux. Souffle léger du bout des lèvres. J’efface un détail. Attends la nouvelle version. Pour moi seule. Frigorifiée, le froid me chasse.
Vingt ans plus tard. Fenêtres neuves. Alu chasse le bois. Doubles, isothermes. Plus de givre. Mais ce soir, dehors, la tempête hurle. Je pousse la porte d’une vieille baraque abandonnée. Vitres craquelées, givre partout. Parfait. L’endroit pue l’oubli. Je m’approche de la fenêtre. Regarde le tableau givré. Comme avant. Mon cœur cogne. Décision prise : anonyme totale. Pas de nom. Pas d’histoire. Juste maintenant. L’ombre.
L’Ombre Froide de la Fenêtre
Bruit de pas. Derrière moi. Un type. Grand, barbu, yeux faim. Il s’arrête. Regarde le givre. Puis moi. “T’es qui, toi ?” Sa voix grave, essoufflée déjà. Je pivote pas. Reste face à la vitre. “Anonyme.” Il ricane. S’approche. Chaleur de son corps contre mon dos. Froid vitre devant. Sandwiched. Sa main glisse sur ma hanche. Cuir de mon manteau craque. “J’aime ça.” Souffle chaud dans mon cou. Odeur de tabac, sueur. Je frémis. Peau qui picote. Décidé. L’ombre m’enveloppe. Personne ne saura.
Il me plaque contre la vitre. Froid mord ma joue. Sa bite durcit contre mes fesses. Jeans tendu. “Putain, t’es prête ?” Je hoche la tête. Mâchoire serrée. Il arrache mon manteau. Chemise vole. Soutif arraché. Seins nus claquent contre le verre glacé. Tétons durcis instant. “Regarde le givre, salope. C’est nous.” Ses doigts pincent. Douleur exquise. Je gémis. Court. Haletant. Il baisse mon jean. Cul nu. Air froid lèche ma chatte. Déjà trempée. Il grogne. Doigts en moi. Glouglou humide. “T’es une fontaine.” Je cambre. “Baise-moi. Maintenant.”
L’Éclat Sauvage et la Fuite Silencieuse
Zip. Bite jaillit. Épaisse, veinée, tête luisante. Il crache. Frotte. Pousse. Un coup sec. Rentré jusqu’aux couilles. Je hurle. Souffle coupé. Vitre tremble. Givre fond un peu sous ma haleine. Claquements de chair. Vifs. Mouillés. Ses hanches cognent. Pa pa pa. Sueur coule. Chaleur de sa peau contre mon dos frigorifié. “T’aimes, hein ? Anonyme chienne.” “Oui… Plus fort… Défonce-moi.” Il empoigne mes cheveux. Tire. Tête en arrière. Baisers baveux dans le cou. Langue râpeuse. Odeurs mélangées : mouille, pré-cum, froid. Je serre. Chatte palpite. Orgasme monte. Vague. Tremblements. Jus gicle sur ses cuisses. Il rit. “Première. J’continue.”
Il me retourne. Face à face. Visages pâles dans le reflet givré. Yeux brillants. Fronts se touchent presque. Il me soulève. Jambes autour de lui. Rentré à fond. Grondements. Souffle court. Bouches ouvertes. Baisers voraces. Dents claquent. Salive fileuse. Couilles tapent mon cul. Floc floc. Je griffe son dos. Peau brûlante. “J’vais jouir…” “Dedans. Remplis-moi.” Il explose. Jet chaud. Pulsations. Tremble. Moi aussi. Deuxième vague. Corps secoués. Givre pleure gouttes sur nos peaux.
Il glisse hors. Bite ramollie, luisante. Souffle lourd. “T’étais ouf. Ton nom ?” Je souris. Rhabille vite. Jean zipé. Manteau sur. “Anonyme.” Porte claque. Neige dehors m’avale. Pas de traces. Redevenue étrangère. Ville indifférente. Juste l’instant. Brut. Parti.