Ce matin-là, à la machine à café du bureau de Rodez. J’arrive, stricte dans mon kilt vert bouteille, collants opaques, chemisier serré au cou. Les collègues masculins, Nathalie que je connais vaguement, et ce type, Marc, qui débarque en déplacement. Il tend la main, puis la bise. Je recule net. ‘Non, je ne fais pas la bise.’ Ma voix tranche, froide. Angoisse en moi, toujours. ‘Margot de Marliave.’ C’est mon nom pro, ma carapace. Lui bredouille ‘Marc’. Les autres sourient, complices. Ils ont tous essayé.
Je l’observe. Trente ans à peine, regard affamé. Moi, quarantaine sèche, maigre, blonde frisée en chignon, yeux vert d’eau, bouche charnue. Mains noueuses, ongles courts, sèches. Maniaque, hydroalcoolique en poche. Pas d’alliance. Il me scrute, excité par mon étrangeté. BCBG stricte, sociopathe à ses yeux. Parfait. Je décide : il sera mon inconnu du moment. Pas de passé, pas de futur. Juste l’instant, le sexe brut.
L’approche dans l’ombre de Rodez
Les jours passent, je l’évite. Rhume imaginaire. Puis, soir de juin, grillade chez un collègue. Hôtel Mercure près de la cathédrale pour lui. Moi, mal à l’aise, je colle à lui. Rassurant, ce Marc. Avant qu’il parte, je lâche : ‘Dépose-moi ?’ Surprise dans ses yeux. Devant chez moi, je propose : ‘Un verre ?’ Il suit.
Whisky sec. Je le fixe, froide. ‘T’aimerais bien me baiser, hein ?’ Il bégaie. ‘Hein que t’as envie de me baiser ? Comme tous, ma bouche à queues, mon cul maigrichon à démonter.’ Il murmure ‘oui’. Je domine. ‘Tu bouges pas. Obéis. Oublie tout après. Sinon, plainte pour viol.’ Il acquiesce, queue dure déjà sous son pantalon.
Je me lave d’abord. Désinfecter. Lui après. Il revient, serviette autour des hanches. Je suis nue sur le canapé, peau bronzée luisante aux bougies. Corps sec, harmonieux. Fauteuil face, table basse couverte d’une serviette.
Je pose un pied près de sa tête, l’autre sur la table. Fente ouverte sur sa bouche. Sa langue fouille clito, lèvres, entrée. Je remue, gémis. Mouille vite, abondant. Squirt sur sa bouche, menton. Goût salé, pas urine. Puis, fesses écartées, rondelle sur lui. Il lèche. Je jouis, cris rauques.
L’explosion sauvage et la disparition
Debout, je lubrifie sa queue dressée. Gobe jusqu’à la base, salive épaisse. Crache dessus. Astique lent, regard admiratif sur sa grosseur. À califourchon, dos à lui. Œillet serre mon gland. Va-et-vient lents, empalée à fond. Os de fesses sur ses cuisses. Halètements, sueur chaude.
Gode à boules dans chatte. Je me sers de sa bite comme jouet naturel. Puis, table basse : gode ventouse, diamètre canette. Lubrifié. Debout face à lui, je m’empale anal. Visage rouge, veines temples, douleur-plaisir. Va-et-vient lents, cris. Main sur clito, branlette vulgaire. Éjacule sur ses cuisses. Il se branle, gicle sur ventre.
Liaison courte, quatre mois. Lubies folles : facesitting, fessées, pipes infinies, arrosage visage. Jamais sa chatte. Égoïste, je prends, il mate. Plaisir décalé.
Un jour, distance. Trop glauque. Il fuit. J’ai quitté l’entreprise. Disparue. Anonyme dans Rodez. Personne ne sait mon vrai nom. Juste l’instant passé, sexe brut gravé en lui. Moi, ombre revenue.