La tempête hurle autour de Guanahani. Vents de l’ouest qui fouettent les landes de Groix. J’ai senti sa présence dès Port-Blanc, ce jeune homme fiévreux, demi-frère de Marie-José, traînant sa quête de Jacques Roll. Il pue la fatigue, la guerre, les boyaux en vrac. Mais son regard brûle. Je décide : ce soir, je reste ombre. Pas de nom. Juste mon corps pour lui. Anonyme. Inconnue totale.
Je glisse par la porte de lumière, celle que Marie-José a vue enfant. Rouge puis blanche, coulant comme foutre sur les pavés. Personne ne me voit entrer. Santos et Lourdès dorment. Manuel fixe le vide. Lui, le narrateur de ce journal, veille seul près du feu mourant. Sa peau luit de sueur froide. Je m’approche dans l’ombre du couloir. Mon souffle court déjà. Sa chemise ouverte laisse voir son torse maigre, marqué par le déraillement du train. Je pose ma main sur son épaule. Chaude. Il sursaute, se retourne. Ses yeux s’écarquillent. ‘Qui êtes-vous ?’ murmure-t-il. Je ne réponds pas. Mes lèvres frôlent son oreille. ‘Chut. Juste l’instant.’
L’Ombre qui s’approche dans la nuit
Il tremble. Fièvre ou désir ? Je le plaque contre le mur de pierre froide. Mes seins écrasés sur sa poitrine. Sa bite durcit instantanément sous son pantalon usé. Je l’attrape à travers le tissu. Dure comme fer. ‘Putain’, grogne-t-il. Je ricane bas. ‘T’es prêt pour l’autre côté du miroir ?’ Mes doigts défont sa braguette. Elle jaillit, veinée, tête gonflée. Je la serre. Pulsations folles. Il halète, mains dans mes cheveux. Je m’agenouille. Bouche ouverte. Je l’avale d’un coup. Glouton. Sa queue tape le fond de ma gorge. Sel et sueur. Il gémit, ‘Bordel, c’est quoi ce délire ?’ Je suce fort, langue qui fouette le frein. Bruits obscènes : glouglou, salive qui dégouline sur mes mentons. Ses hanches cognent. ‘Vas-y, avale-moi.’
Explosion de désir et disparition fantôme
Je me relève. Culotte arrachée. Chatte trempée, lèvres gonflées. Je grimpe sur lui. Jambes écartées. Sa bite trouve l’entrée. Un coup de reins : enfoncée jusqu’aux couilles. Aah ! Pleine. Étirée. Il me pilonne sauvagement. Murs tremblent avec la tempête. Peau contre peau, claques humides. ‘T’es une salope des Territoires !’ gronde-t-il. ‘Baise-moi plus fort, fils de Roll !’ Je crie. Ses mains malaxent mes fesses. Doigts qui pincent. Souffle court, brûlant sur ma nuque. Je jouis première. Contractions folles autour de sa queue. Jus qui gicle. Il hurle, se vide en moi. Sperme chaud qui inonde. On s’effondre, collants, puants le sexe.
Halètements. Son cœur cogne contre le mien. Il veut savoir mon nom. ‘Anonyme.’ Je me dégage. Corps encore frémissant. Je ramasse ma culotte. Nue dans l’ombre. Porte de lumière s’ouvre à nouveau. Rouge, blanche. Je franchis. Disparue. Sans traces. Il reste là, bite molle dégoulinante, goût de moi dans la bouche. Demain, il cherchera. Rien. Juste le vent de Groix. Marie-José et Manuel partis. Moi, redevenue étrangère. Prête pour le prochain inconnu.