La porte grince à peine dans la nuit lourde de l’appart. Je suis dans ma chambre, lumière éteinte, ombre totale. Personne ne connaît mon vrai nom. Ici, je suis Anonyme. Juste une silhouette maigre, brune aux cheveux courts, qui vit l’instant. Charlotte gratte, pieds nus sur le carrelage froid. Elle entre, défaite, les yeux bleus brillants de fatigue et de désir refoulé. Elle s’assoit sur mon matelas, son odeur de sueur et de frustration m’envahit. Je décide : pas de passé, pas de futur. Seulement ce corps tendu contre le mien. L’ombre nous enveloppe, parfait camouflage. Son souffle court effleure mon cou, chaud, irrégulier. Je la fixe, yeux vairons dans le noir. ‘Excuse-moi de te réveiller’, murmure-t-elle. Mais je sais. Elle veut parler d’Inès, de cette haine qui cache la faim. Je l’enlace, ma main glisse sur sa chemise de nuit. Sa peau brûle, fiévreuse. Je reste muette sur mon nom, sur moi. Inconnue totale. Mon plaisir monte déjà.
Elle pleure presque, se confesse. Inès la hante, ses courbes, sa chevelure noire. ‘Elle embrasse comme une salope’, gémit Charlotte. Je ris bas, mes doigts dansent sur son ventre plat. ‘Raconte plus, blondinette.’ Sa voix tremble, lente. Massages sensuels, léchages, pénétrations folles. Je la touche, là, entre les cuisses. Mouillée déjà, son nectar coule sur mes doigts. Je les suce, goût salé, âcre. ‘Délicieux’, halète-t-elle. Je plaque ma main sur sa bouche. ‘Chut, ou Inès entend.’ Elle ferme les yeux, se soumet un instant. Puis elle veut dominer. Je m’installe entre ses jambes écartées, sa main sur mes seins minuscules, fermes. Elle pince mes tétons, maladroite, excitée. Son souffle s’accélère, rauque. Je gémis étouffé, son autre paume sur mes lèvres. Nos corps collent, sueur poisseuse, chaleur animale.
L’Approche dans l’Ombre
Elle me goûte enfin, langue hésitante sur ma chatte trempée. Bruits humides, succions gourmandes. Je cambre, ongles dans ses cheveux blonds ras. ‘Plus fort, salope, bouffe-moi !’ Elle obéit, fougueuse novice. Ses doigts entrent, courbés, frottent mon point G. Je jouis vite, spasmes violents, jus qui gicle sur sa bouche. Elle halète, triomphante. À mon tour. Je la renverse, écarte ses cuisses musclées de motarde. Ma langue sur sa fente rasée, gonflée. Elle pue le désir, sel et musc. ‘Oh putain, Anonyme, lèche plus profond !’ Je plonge, aspire son clito dur. Doigts en elle, trois, qui pompent. Elle se tord, matelas qui grince, gémissements étouffés en oreiller. Sa chatte palpite, se contracte, explose en cris mordus. ‘Je jouis, merde, oui !’ Corps secoués, peaux luisantes, cœurs qui cognent à l’unisson. Sauvage, brut, sans capote ni mots doux. Juste la bête.
L’aube pointe à peine. Elle s’endort, radieuse, épuisée. Je me lève sans bruit, nue, peau encore chaude de nos fluides. Pas un regard en arrière. J’enfile un jean slim, t-shirt loose. Cheveux en bataille, lèvres gonflées. Porte ouverte sur le salon noir. Inès dort ailleurs, ignorante. Je sors, escaliers froids sous mes pieds nus. Rue humide d’avril, moto de Charlotte garée en bas. Ville endormie, passants rares me matent, cette gamine fragile. Mais je suis déjà ombre. Anonyme repart, vent dans les cheveux courts. Pas de traces, pas de numéro, pas de promesses. Juste le souvenir de sa chatte qui hurle. Demain, colocataires étrangères. Mon plaisir : l’instant volé, puis rien.