Le chaos de l’aéroport nord-américain. Bagages partout, passagers affalés par terre. Météo pourrie, vols annulés. Je suis assise là, jean serré, tee-shirt collant à ma peau moite. Karine à côté, jalouse déjà. Et soudain, sa voix : « Eh ! Mais c’est Jean-Pierre ! » Je me lève d’un bond. Lui. Mon cœur cogne. On s’enlace, corps contre corps, au milieu des grognements des autres. Anonyme. C’est mon choix. Pas de passé, pas de Laure, juste l’instant. On s’écarte. Ses yeux me dévorent. Châtain clair maintenant, un peu plus ronde. Mais belle. Il propose la chambre d’hôtel. Karine refuse net, me fusille du regard. Jalouse, oui. Mais je ris, je prends son bras. On marche vite, enlacés. Sa main sur ma taille chauffe ma peau. À l’hôtel, immense suite, deux lits kingsize. Collation arrive. Je enlève mon tee-shirt pour le provoquer. Seins offerts dans le soutif. Il mate. On rit. Mais je reste ombre. Pas de questions sur hier. Juste maintenant.
La nuit tombe. Lumières tamisées. Je m’assois près de lui. Souffle court. « On a des choses à se dire ? » Ses bras inertes. Je craque. Je me jette sur lui. Mors sa bouche. Plaquer mes seins sur sa figure. « Enlève tout ! » Il obéit. Tête entre mes nichons chauds, palpitants. Je les presse sur son nez. « Suce, mords, bois-moi ! » Sa langue râpe mes tétons durs. Je griffe son torse. Lui arrache les fringues. Slip tendu. Monstre qui bande raide. Je frotte mes fesses dessus. Peau brûlante contre la sienne. « Fais-moi femme, baise-moi ! » Il glisse en moi. Serrée, humide. Je hurle comme une vierge. Ongles dans ses fesses. « Plus fort ! » Il décharge au fond. Chaud, épais. Je serre, cuisses crispées. « Reste en moi, ton jus coule, délicieux ! » On halète. Sa peau sue contre la mienne. Je le sens encore palpiter dedans. Anonyme. Juste ce plaisir brut.
Dans l’Ombre de l’Anonymat
Sommeil lourd. Matin. Ses cheveux me chatouillent. Yeux dans les yeux. Baiser tendre. Puis sauvage. Je descends. Sa bite dressée. Je l’avale, gland salivé. Glougloutis obscènes. « Monstre réveillé ! » Je me caresse avec, comme un gode. Mouille abondante. Seins pincés. Spasmes montent. Je jouis en hurlant. Voisins alertés. Puis je m’empale. Fesses remuantes. « À toi, lâche-toi ! » Rythme fou. Claquements de chairs. Gémissements rauques. Il inonde encore. Cris mêlés. Vidé, je ronronne contre lui. « L’homme, c’est toi. Que toi. » Téléphone sonne. Avion à midi. Mais non. « On reste ! Deux petits déj’ ! » Rires fous. Bonheur.
Pourtant, l’ombre m’appelle. Après le petit dej’, corps encore luisants de sueur et de sperme séché, je décide. Pas de futur. Juste cet instant gravé. Je l’embrasse une dernière fois. Souffle chaud sur son cou. « Souviens-toi de l’inconnue. » Je m’habille vite. String humide jeté. Jean, tee-shirt. Porte claquée doucement. Dans le hall, anonyme totale. Karine ? Oubliée. Clara ? Loin. Ville étrangère. Je disparais. Sans traces. Redevenant ombre. Plaisir accompli. Sa bite en moi, hurlements, jus chaud : trophées dans ma chair. Personne ne saura mon nom. Juste l’écho de nos corps.