Anonyme : Baise Sauvage aux Toilettes du Bistrot près de Roma Termini

Fin d’après-midi, gare Roma Termini. La cohue des trains, touristes qui s’agitent. J’aime ça. L’anonymat total. Personne ne me connaît. Pas de nom, pas d’histoire. Juste le désir brut. Yeux noirs, quarantaine chic, sortie de bureau. Il fait les cent pas, mal à l’aise. Je le fixe par-dessus mon magazine. Sourire complice. Plissement de paupière. Marché conclu. Il suit à distance, Via dei Mille, puis Via Goito. Klaxons furieux. J’entre dans le bistrot guindé de Via Cernaia, près du musée. Foule, fumée, ambiance feutrée. Pas le temps de m’asseoir. Droit aux toilettes, escalier sous-sol. Espace marbré, lumineux, huit portes. Je m’arrête au lavabo. Miroir reflète mes yeux en feu. Il débarque vite. Dernière porte au fond. Fermée. Anonyme. C’est mon choix. L’ombre des gares, des impasses. Pas de passé, juste maintenant.

Il plaque sa bouche sur la mienne. Baisers fraises, langues voraces. Pantalon de flanelle tombe. Culotte blanche motifs aux chevilles. Pieds sur la planche de bois. Sa langue attaque. Écarte mes lèvres. Tournoie, fouille profond. Claquettes endiablées. Je m’agrippe à ses cheveux poivre et sel. Râles étouffés. Souffle court, chaud sur ma peau moite. Il lèche comme un affamé. Montée fulgurante. Mais il se redresse. Ceinture débouclée. Pantalon vire. Enserre ma nuque. Me retourne. Pénétration brutale. Allers-retours secs. Pas de grâce. Râle vulgaire, aboiement. Décharge chaude. Zip qui remonte. Porte claque pas. Il file. Silence.

L’approche dans la foule de la gare

Je fixe la paroi. Elle est là. Accroupie, tête sous. Cheveux dans la poussière. Nos regards se croisent. Son œil affamé. Mon sourire l’invite. Pas de cri. Altruisme pur. ‘Viens.’ Voix rauque, invitation fatale. Sa porte s’ouvre. Assise sur la planche, culotte bas. Odeur âcre, animale. Main tendue. Prend la mienne. Glisse vers mon ventre. Peau brûlante, parfumée. Seins soyeux. Bonnets lâchés. Doigts dentelle sur pointes dures, nacrées. Baiser melon. Dents titillent. Sa main surprend. Perfore mon lin. ‘Attends, enlève-moi ça.’ Elle obéit. Experte. Nue, aérée. Son doigt arrière, inquisiteur. Onctueux. Je me détends. Intrusion index. Chaleur explose. Je l’embrasse fort. Salives mêlées. Langues décalcomanie. Ses doigts avant, multiples. Humidité gicle. Majesteuse. Ma main copie. Fouille ses rondeurs. Sucre son jus. Doigts synchrones. Profondeur abyssale. Orgasmes fusent. Rivière, océan. Cris dans bouches. Corps tremblants, sueur collante. Bruits de succion, chairs claquent doucement.

Souffles courts se calment. Regard pétillant. Pas de nom. Pas de numéro. Juste l’instant gravé. Je remonte culotte. Pantalon. Porte s’ouvre. Elle reste là, hébétée. Je file. Couloir, escalier. Bistrot bondé. Boulevard, tramway. Foule anonyme. Disparue. Étrangère redevenue. Gares éternelles. Prochain désir attend.

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