Plus que quelques pas et je vais sonner pour qu’on m’ouvre la porte. Paris, près d’une grande gare. Octobre, premiers froids. Mais ce n’est pas le froid qui m’attire dans ce sauna pour hommes. J’ai 41 ans. J’aime les peaux qui s’effleurent. Les regards qui percent les désirs. Les mâles plus âgés, actifs. J’adore sucer depuis toujours. Et me faire baiser. Un amant m’a ouvert les yeux là-dessus.
L’excitation monte. Derniers mètres. Accueil neutre. Serviette en main. Numéro de casier. Pièce centrale : deux sexas nus, bedonnants, papotent. Ils lorgnent l’arrivante. Calme, début d’après-midi, jour de semaine. Vestiaire. Je me glisse. Déshabillage. Torse nu, assise sur le banc. Chaussures, chaussettes, pantalon. Un mec entre. Salut banal. Lui se rhabille. Travail l’appelle.
L’approche dans les vestiaires sombres
Il stoppe. Me fixe. Sourire aux lèvres. Bien bâti. Mon âge préféré. Nu sauf serviette. Sexe à demi dur. J’ôte mon pantalon. Sa voix : « Quel dommage qu’on se croise. Pas pu prendre ton petit cul cette fois… » Choc. Vestiaire, sas neutre ? Non. Surprise. Silence. « Tu te souviens pas de moi ? » « Non… On s’est croisés ici ? » « Petit coquin… Je te rappelle ? » Sa queue gonfle. Électrisée. « Oui, raconte. »
« On s’était assis sauna, côte à côte. Tes regards sur ma bite. J’ai glissé ma main sur tes cuisses. Sous ta serviette. Ouverte. T’étais durcie, excitée. Timide, épilée… Bandant. » Voix calme, assurée. Gorge sèche. Cœur affolé. Je me souviens. Sauna humide. « T’étais gêné par les autres. Debout face à toi. Main sur nuque. Tu m’as sucé. Bouche à queues parfaite. » Il reproduit. Rapproche. Bite dure près de mes lèvres. Main sur nuque. J’ouvre grand. À genoux. Adossée aux casiers. Femelle soumise. Aspire. Lèche. Va-et-vient. Gland pointé. Il gémit bas. Souffle court. Ma salive coule. Chaleur de sa peau. Veines pulsantes.
L’explosion de plaisirs interdits
« Viens cabine premier. Envie de te baiser. Trop chaud ici. » Rappel. J’avais suivi, nue offerte. Traversée : sauna, douches. Sourires vicieux. Caresses. Exhibition délicieuse. Cabine : sur dos. Il m’a goûtée. Langue experte. Doigts. J’me tortillais. Lèvres mordues. Puis missionnaire. Yeux dans yeux. Plusieurs essais. Mon cul cède. À lui. Joue mes seins. Lime fort. Baisers étouffent cris. Chevauchée virile.
Présent : il se courbe. Main sous caleçon. Titille œillet. Chaud. Humide. Quelqu’un entrerait ? J’accepterais. Il se tend. Jet après jet. Bouche pleine. Goût salé. Il crie : « Avale ! » Rare, mais naturel. Supplie d’arrêter. Silence sonné. Tête qui tourne. Goût persistant. Finis déshabillage. Caleçon, tout casier. Serviette nouée. Mal. Toujours excitée. Prête sauna.
Mais l’instant suffit. Je disparais. Pas de nom. Pas d’adieu. Vestiaire quitté. Sauna effleuré. Plaisirs pris. Puis sortie. Rue froide. Anonyme redevenue. Ville m’avale. Pas de traces. Juste le souvenir brut. Chair contre chair. Souffles mêlés. Gémissements humides. Prochain inconnu attend.