Le crépuscule traîne encore dans ma tête quand j’entre dans cet institut chic. Hôtel banal derrière moi, serviette trempée de cyprine abandonnée. Ariane morte cette nuit-là. Je suis Anonyme maintenant. Pas de nom, pas de passé. Juste l’instant. Quartier huppé, hôtesse classieuse me jauge. Questions banales, fiche à remplir. Je mens sur tout. Bénédicte ? Un prénom jetable. Elle m’annonce du haut de gamme si j’ai les moyens. Pascale veut me voir. Directrice. Brune typée, lèvres ourlées rouge parme. Elle me toise, sourire calculateur. On va avoir du boulot, lâche-t-elle. Choc. Mais elle rassure. Visage d’abord. Photos, logiciel. Coiffures virtuelles. Mi-longue blonde raide. Maquillage test. Puis silhouette. Déshabille-toi. Culotte et soutif. Elle insiste pour les seins. Défauts ? Montre. Rouge de honte, je défais le crochet. Protubérances sur mamelons. Bizarre, qu’ils disaient. Elle rit. Toutes les femmes ont ça. Montre les siens. Pommes fermes, aréoles brunes, mêmes bosses. Je touche. Chaud. Durcit sous mes doigts. Ses mains sur moi. Fraîches. Électrique. Baiser vorace. Langues qui s’emmêlent, salive tiède. Souffle court. Je suce ses tétons. Mordille. Elle gémit bas. Téléphone sonne. Une heure, ordonne-t-elle. Elle se tourne. Fesses offertes. Petites, rondes. Poils épars autour de l’anus. Rassurant. Naturel. Je masse. Peau douce, chaude. Embrasse. Langue dans le sillon. Humide. Anus brun qui palpite. Elle s’écarte plus. Je lèche avidement. Goût musqué. Ma chatte dégouline. J’attrape sa main, la guide sur moi. Culotte arrachée. Doigts qui fouillent. Mouillée comme jamais.
Elle me plaque sur le canapé cuir. Chevauche. Pince mes tétons fort. Douleur-plaisir. Je crie presque. Plus fort ! Supplie-je. Elle obéit. Tire, tord. Chair qui brûle, vagues au ventre. Ses épaules massées par mes mains tremblantes. Puis elle descend. Visage entre mes cuisses. Souffle chaud sur lèvres gonflées. Langue plate qui lape large. Cyprine qui gicle. Petit clito dressé. Elle aspire. Électrocution. Je cambre. Gueule comme une chienne. Orgasme foudroyant. Corps secoué, spasmes violents. Elle étouffe mes cris de sa paume. Rire complice. À mon tour. Elle s’allonge. Tétons pincés doucement. Elle aime pas trop fort. Chatte trempée. Gros clito arrogant. Je gobe. Aspire. Langue qui fouette. Elle halète. Vas-y, salope ! C’est bon ! Continue ! Corps qui se tend. Explosion muette. Secousses profondes. Souffle rauque. Baisers salés de sueur et jus.
L’Arrivée et le Choix de l’Ombre
Jus de fruit vite bu. Pas de douche, trop risqué. On s’habille. Aveu : prémédité. Flashé sur mon visage à l’écran. Rare pour elle. Embrassades, promesses floues. Mais moi, Anonyme. Pas de futur. Je souris, effleure ses lèvres. Devis pour relooking. On s’en fout. Je signe rien de précis. Paiement cash, anonyme. Porte claquée doucement. Métro bondé. Sueur sèche sur peau. Odeur de sexe incrustée. Hôtel banal m’attend. Valise vide de passé. Demain, nouvelle ombre. Ville qui avale tout. Personne ne saura. Juste ce plaisir brut, gravé dans la chair.