Novembre 1918. Le Chemin des Dames s’étend, immense, défoncé par les obus. Cratères béants, barbelés rouillés, herbes rousses qui percent la boue séchée. Le vent froid mord la peau. Je marche seule, capuche rabattue sur mon visage. Personne ne connaît mon nom. Jamais. Je suis l’inconnue, celle qui donne tout dans l’instant, sans passé, sans futur. Juste le sexe, brut, animal.
Je le vois de loin. Assis sur un talus, dos voûté, mains noircies posées sur les genoux. Un poilu rentré du front. Ses yeux fixent le vide, hantés. Il vient de déposer quelque chose là, une médaille peut-être. Son souffle est court, irrégulier. La guerre le bouffe encore. Je m’approche dans l’ombre d’un cratère. Pas un mot. Je décide : ce sera lui. Anonyme totale. Mon cœur cogne. La brume nous enveloppe, comme un voile.
L’Approche dans les Cratères Silencieux
Je m’assois à côté, sans bruit. Ma jupe frôle la boue. Il sursaute, se tourne. Ses yeux, gris, creusés, me transpercent. “Qui êtes-vous ?” murmure-t-il, voix rauque, cassée par les tranchées. Je pose un doigt sur ses lèvres gercées. “Personne. Juste ici. Maintenant.” Ma main glisse sur sa joue mal rasée, rugueuse. Il tremble. Sa peau est chaude, fiévreuse sous l’uniforme usé. Je sens son pouls s’accélérer. Le silence du plateau amplifie nos souffles. Je décide de l’ombre : pas de nom, pas de village, pas de Marie – je sais qu’il en a une, ça se voit dans son regard coupable. Juste nos corps, pour chasser ses démons.
Ses mains hésitent, puis agrippent mes épaules. Dures, calleuses. Il m’attire. Nos bouches se heurtent, violentes. Sa langue force, goûte la sueur et la poussière. Je gémis, bas, animal. “Baise-moi, poilu. Oublie tout.” Il grogne, déchire mon châle. Mes seins jaillissent, lourds, tétons durs comme des obus. Il les malaxe, mordille. Douleur exquise. Sa queue bande enfin, raide contre ma cuisse. “Putain, t’es trempée”, halète-t-il en glissant sa main sous ma jupe. Doigts rugueux fouillent ma chatte mouillée, gluante. Je halète, ongles dans son dos. “Plus fort. Défonce-moi comme le front t’a défoncé.”
L’Explosion des Corps Bruts
Il me plaque au sol, dans la boue froide. Jupe relevée, cul en l’air. Sa bite sort, énorme, veinée, odeur de mâle en rut. Il crache dans sa main, enduit le gland. Pousse d’un coup sec. Je hurle, plaisir-pain. Il me pilonne, sauvage, hanches claquant contre mes fesses. Bruits humides, succions, claquements de chair. Sueur coule, mélange boue et sel. “T’es ma salope anonyme ! Prends tout !” gronde-t-il, poings dans la terre. Je cambre, pousse en arrière. Sa queue frotte profond, cogne mon col. Mon clito pulse, jus gicle sur ses couilles. Souffle court, halètements syncopés. Il accélère, bestial. “Je vais jouir… putain !” Je serre, le vide. Il explose, sperme chaud inonde ma chatte. Tremblements, cris étouffés. On s’effondre, corps collés, cœurs affolés.
Le vent se lève. Il reste pantelant, yeux humides. Je me dégage doucement. Remets ma jupe, châle. Pas un regard en arrière. “Va retrouver ta Marie”, murmure-je, seule phrase. Je m’éloigne dans la brume, silhouette fondant dans les ombres des tranchées. Il ne saura rien de moi. Je repars vers la gare, train fantôme. Redevenant l’étrangère, prête pour le prochain instant. Le Chemin des Dames avale nos traces. Silence.