La musique des sixties pulse dans cette cave voûtée, niveau nostalgie. Alcôves sombres, couples qui se frottent. J’entre seule, comme toujours. Anonyme. Pas de nom, pas d’histoire. Juste mon corps prêt à l’instant. Je scanne la foule. Là, un grand gaillard, 1m86 facile, épaules de rugbyman. Il est avec une nana, mais elle danse ailleurs. Ses yeux croisent les miens. Sourire en coin. Je m’approche de son alcôve, ombre protectrice. ‘Salut, beau gosse. Seule ce soir ?’ Il rougit un peu, mais bande déjà sous son jean. ‘Non, avec ma tante, mais… t’es canon.’ Je m’assois collée, cuisse contre cuisse. Chaleur immédiate. ‘Moi c’est Anonyme. Pas de passé, pas de futur. Juste maintenant.’ Ma main glisse sur sa braguette. Dur comme fer. Il halète. ‘Jérôme. 18 ans, bac en vue.’ Je ris bas. ‘Parfait. T’as l’air d’avoir besoin de lâcher.’ L’ombre nous avale. Ses potes ne nous voient pas. Je décide : ce soir, il est à moi, inconnu total. Mon souffle sur son cou. ‘Montre-moi ce que t’as.’