La chaleur de Lapol colle à la peau comme une promesse moite. La fontaine taillée dans le rocher coule son filet clair, près du palais que Matar a bâti pour le roi Gilou. Les nouveaux arrivants grouillent : légionnaires romains sans cuirasse, indigènes aux corps huilés, cougas qui grognent au loin. Je suis là, ombre parmi les ombres. Personne ne sait mon nom. Jamais. Je repère ce gordien, large d’épaules, tatoué des campagnes du continent. Il sort d’une caserne, sueur salée sur son torse nu, bite lourde qui bande déjà son pagne sous le regard des hommes. Mais ses yeux glissent sur moi, faim virile. Je décide : ce soir, lui. Anonyme. Juste l’instant.
Je m’approche dans la pénombre des mangroves, vent tiède sur mes cuisses nues. Ma robe légère flotte, se colle à mes seins lourds. Il tourne la tête, souffle court. “Toi, là…” Sa voix rauque, comme après une charge au pas de charge. Je pose un doigt sur ses lèvres, chaud, pulpeuses. Pas de mots. Je l’attire vers une cahute en osier, près des balises de Matar. L’air pue la mer et la poudre noire. Il grogne, mains rugueuses sur mes hanches. Je le plaque contre le mur de torchis, encore chaud du soleil. Ma main glisse sous son pagne, empoigne sa queue raide, veines gonflées. Il halète, bite qui tressaute dans ma paume moite.
L’Approche dans l’Ombre de la Fontaine
Il me soulève d’un coup, cuisses écartées. Sa bouche avale mon cou, dents qui mordent juste assez. Je gémis, chatte déjà trempée qui frotte son ventre dur. “Putain, t’es bonne…” il murmure, sale, excité. Je le chevauche là, sur le sol poussiéreux. Sa bite énorme s’enfonce d’un trait, déchire ma fente serrée. Un cri m’échappe, rauque. Il pilonne, hanches qui claquent contre les miennes, bruit humide de chair qui fouette. Sueur qui dégouline entre mes seins, son torse glissant contre moi. “Baise-moi fort, soldat !” je siffle, ongles dans son dos. Il accélère, couilles qui tapent mon cul, souffle court comme un tarn en vol. Ma chatte pulse autour de lui, jus qui coule sur ses cuisses. Il me retourne, cul en l’air. Doigte mon trou du cul, salive épaisse. “T’aimes ça, salope anonyme ?” Puis il enfonce, anal brutal. Je hurle de plaisir, brûlure qui explose en extase. Ses grognements, bêtes, primitifs. Il jouit en rugissant, sperme chaud qui gicle profond, déborde.
On halète, corps emmêlés, odeur de sexe et de sel. Il tend la main, veut un nom. Je souris dans l’ombre, repousse doucement. Pas de traces. Je me lève, robe qui retombe sur ma peau luisante. Un baiser fugace sur sa joue barbue, puis je file. Vers la foule bigarrée du port, les feux de guet sur les falaises. Il reste là, pantelant, queue ramollie dégoulinante. Moi ? Redevenue étrangère. L’instant s’efface. Demain, un autre brigand, un autre coin de cette île conquise. Juste le plaisir brut, anonyme à jamais.