L’Espadon Moucheté pue la mer et la sueur. Saint-Malo, rues tortueuses, remparts sombres. J’attends dans le couloir, corset rouge serré sur mes nibards, cheveux blonds jusqu’aux genoux cascadant comme une vague. La taulière me glisse : ‘Adélaïde, un nouveau, Mathias, le Pine d’Ours. Il paye pour la nuit.’ Mais pour lui, je suis Anonyme. Pas de nom, pas d’histoire. Juste une inconnue pour son poireau gorgé.
Je le vois entrer, propre des bains, teub luisante, regard affamé. Il me mate, souffle court déjà. ‘Enfin revenu, capt’ain ?’ Je mens, voix rauque. Il bande dur sous son pagne de lin. Pas de passé, pas de futur. Je décide : ombre totale. À genoux direct, dans le couloir bondé. Clients sifflent. Ma main chope ses couilles chaudes, lourdes. Bouche sur son gland, sel de peau, veines pulsant. Je pompe, aspire, langue fouillant l’urètre. Il gémit, ‘Putain, salope.’ Je tire sa queue, lèche ses burnes poilues jusqu’au trou du cul. Il tremble, jambes flageolantes.
L’approche dans l’ombre du bordel
‘Sur le pieu, maintenant.’ Il me plaque, drap frais. Pattes écartées, chatte blonde béante, trempée. Il plonge, garde en moi, étroite comme un étau. Chaleur de sa peau contre la mienne, sueur collante. Va-et-vient furieux, claques de ventre, jus giclant. ‘T’es une chienne, serre-moi !’ Je griffe son dos, ongles en sang. Miroir géant : sa pine luisante sort-reentre, mes seins ballottent, cheveux fouettant l’air. Doigts sur mon clito, explosion : je jouis, cri primal, spasmes vidant mes tripes. Il gicle sur mon buisson, sperme chaud coulant entre mes cuisses.
L’explosion de plaisir et la disparition
Nuit sans fin. Cuillère, son souffle dans mon cou, re-plongée lente. Odeur de foutre et rut. On mange, poulet rôti, cidre frais. Potins : Pomme d’Or en maison d’abattage. Puis, à quatre pattes, fion offert. ‘Vas-y franco !’ Il enfonce, reins claquant, douleur-plaisir. Je m’astique, orgasme double. Lepainsec débarque, je le branle vite, giclée sur mes cuisses. Vexé, il file. On rit, on recommence.
Aube pointe. Il dort, bras sur mon ventre. Je me lève, nue, cheveux en cascade. Pas un mot. Robe glissée, je file par l’escalier. Bains vides, porte claque. Rue froide, sel marin piquant ma peau encore gonflée. Anonyme repart, inconnue totale. Son odeur sur moi s’efface au vent. Prochain client attendra l’ombre. Juste l’instant, le sexe brut. Personne ne saura mon vrai nom.